A Propos De La Collaboration Blacko/Soprano "Ferme Les Yeux Et Imagine Toi"
Planète Rap : Comment s'est passée la collaboration avec Blacko ?
Soprano : On se connaît depuis longtemps avec Sniper, depuis "Urban Peace" (en septembre 2002 ndlr). On était les deux petites groupes de "Urban Peace", les autres faisaient les rappeurs qui ne calculent personne et ce sont les seuls avec qui on parlait. J'aime beaucoup ce que fait Sniper et Blacko est comme moi : c'est le mec qui chante dans le groupe. Je me suis dit : "un jour, il faudrait qu'on fasse un morceau Psy4/Sniper ou Blacko et moi, c'est obligatoire". C'était l'occasion de le faire, je l'ai appelé et il était super chaud. Il est arrivé à 10h du matin, il a écouté l'instru, il a kiffé dessus et a commencé à trouver des mélodies. On est restés 2 ou 3 jours, on enregistrait, ça jouait à PES, ça chambrait, on réenregistrait....Franchement c'était un très bon moment.
Planète Rap : On m'a dit qu'un des Sniper vous a tous tapés à PES ?
Soprano : Ah la la ! Il n'y a aucun des Sniper qui a joué contre moi, ça c'est des trucs à préciser (rires). C'est vrai qu'il y en a un qui est très fort quand même, il faut l'avouer. Dans le rap, il y 3 personnes que je trouve très fortes, les autres c'est que du bidon. Moi je fais le mec qui chauffe à PES, je joue rarement, peut être parce que je n'ai pas beaucoup de temps aussi. Monsieur Bachir (Ndlr : Tunisiano) est pas mal quand même, c'est vrai, monsieur Sefyu c'est pas mal, mais bon il prend le joueur à 4h du mat et en plus il fait des formations pendant 6 jours ! C'est normal, le mec sort des techniques, mais il ne dit pas à son adversaire comment on fait pour les trouver, mais c'est pas grave (rires). Et monsieur Rim-K aussi ça va il joue, il taquine, il peut m'égaler c'est vrai.
Rap R&B : "Imagine-toi enfermé comme Natascha Kampusch Ou brûlée comme Mama Galledou dans le bus..."
Soprano : C'est mon morceau préféré de l'album avec les 2 derniers. Je voulais faire un titre avec Blacko, à deux chanteurs... Mais à la base, c'était un autre instru. Et juste avant de l'enregistrer, y avait Skalp dans le studio d'à côté en train de travailler de travailler sur le Tony Parker. Il voulait que je pose sur un morceau de son album. Il m'a fait écouter un son, il pétait ! J'entendais déjà la voix de Blacko dessus ! On est partis direct dessus. Et c'était magique. Blacko est vraiment très fort. J'étais fatigué et je le voyait sauté dans tous les sens en studio, trouver des mélodies partout... Il m'a même redonné confiance en moi sur le chant ! J'avais fait un morceau en chantant sur une prod de Luciano. Le 1er couplet était bien, le refrain aussi, mais le 2e était un peu moisi. Ca faisait trop variéte. Donc, on l'a pas gardé. Puis, Blacko m'a redonné confiance. Mais le problème, c'est que c'était à la fin de l'album ! Imagine-toi, c'est pour dire qu'il faut relativiser et arrêter de trop se plaindre. Imagine-toi en Afrique, imagine-toi au bord du périphérique, imagine que ton président, c'est un mec habillé en treillis... ça voudrait dire que tous ceux qui marchent dans la rue ont des flingues ! Imagine-toi les épidémies sans laisse ! Nous, ici, les chiens qui ont la rage sont piqués ! Il faut arrêter de se plaindre parce qu'on est quand même chanceux... Ce qui est arrivé à Mama Galledou, ça m'a beaucoup touché. En plus, ça s'est passé à Marseille. Même les jeunes qui ont fait ça, ils sont dégoutés. Il faut arrêter de dire que les jeunes des quartiers, on aime faire ça !
Rap R&B : "Imagine-toi sans Sniper, moi, sans Psy4..."
Soprano : Franchement, on serait rien ! J'ai sorti cette phase à un moment où on parlait de la séparation de Sniper. Mais quand on a enregistré le morceau, ils étaient tous les 3 en studio avec moi. On a bien déliré et y a des gens qui ont perdu des sous à PES ! Bref... (Rires)
Blacko : Quand est-ce que tu retournes aux Comores ?
Soprano : Je le vois venir... Ca, c'est Blacko (Rires) ! J'espère justement y retourner avec lui pour faire le clip d'Imagine-toi ! Pour l'instant, c'est en négociation, mais ça sera le feu ! La dernière fois que je suis allé aux Comores, j'avais 14 ans ! Les souvenirs que j'ai gardés de là-bas, c'est la chaleur et la lune, elle était super grosse ! C'est ça qui allumait le pays ! Parce que, quand j'y étais, y avait pas trop d'électricité, et la lune, c'était un gros lampadaire ! C'est pour ça aussi que ça s'appelle les Comores, parce qu'en arabe, ça veut dire lune. C'est pour ça aussi qu'on avait appelé l'album des Psy4 Enfants de la lune. Sinon, j'ai aussi le souvenir de la misère. Ca m'avait rendu fou. Je me souviens, on jouait au ballon sur un sol recouvert d'énormes pierres. Je leur disais : "Ouais, si tu joues dans ces conditions, tu vas voir, après, en France, tu vas devenir le meilleur !!!"