Interview Après Trait Pour Trait
Interview
Planète Rap : Salut Blacko, on ne ta pas vu dans le groupe depuis longtemps; tu étais où? En vacances?
Blacko : Je suis parti assez longtemps au bled, pour voir mon père et me ressourcer un peu ... voilà quoi. J'ai aussi fait un petit break avec le monde de la musique, histoire de me recadrer.
Planète Rap : Ca t'avais soulé?Tu voulais passer à autre chose?
Blacko : J'étais un peu soulé. A un moment, tu te poses des questions tu te demandes ce que tu dois faire dans la life, à part chanter.
Planète Rap : C'est toujours ton plaisir de chanter, non?
Blacko : Oui mais ça dépend comment et voilà. J'aime toujours chanter, mais je ne le vois plus comme avant. Avant, je chantais avec le reve: l'objectif de faire un truc. Et là, l'objectif on l'a presque fait, on a un beau parcours. A un moment tu te demandes si c'est ça ton but dans la vie, ton vrai objectif dans la vie, en tant qu'homme et non en tant qu'artiste, et tu te rends compte que la muique, c'est rien, c'est comme tous les autres trucs.
Planète Rap : Comment avez-vous vécu la période où Blacko n'était pas là?
Aketo : Je vais pas te cacher que c'était pas facile. Il avait besoin de faire un break. On a respecté son choix, on l'a laissé faire son break tranquillement. Pendant ce temps, on a continué à défendre l'album du mieux qu'on pouvait.
Planète Rap : Quand tu as décidé de t'arreter, vous en avez discuté? Ca s'est passé comment?
Blacko : J'en parlais depuis longtemps déjà.
Aketo : On savait plus ou moins qu'il en avait ras-le-bol, on le sentait venir.
Blacko : En fait, je suis carrément dans un autre univers musical, alors que je suis dans un groupe de rap. Les seuls rappeurs que j'écoute, c'est Tunisiano et Aketo. Meme si j'ai participé à des morceaux avec des gens que j'aime bien, avec qui j'avais une bonne vibe, je ne suis dans le rap français que par rapport à Sniper. J'avais envie de baigner un peu dans le reggae,d'aller voir différentes vibes.
Planète Rap : Quelles sont vos relations en dehors de la musique?
Blacko : On a grandi, c'est plus comme au tout début quand on avait 17 piges et que l'on commençait. On est devenu des "hommes", on n'a plus la meme façon de penser. Chacun a ses entourages, ses potes,tout ça... Mais on est toujours la meme bande du départ, sauf que ça prend de la maturité.
Tunisiano : Avant on galérait grave ensemble. Mais chacun à ses propres occupations, il y'en a un qui a sa meuf, l'autre qui déménage... Donc on ne peut plus se voir autant qu'avant. Alors qu'avant on était exactement dans le meme délire, on kiffait bédave, on kiffait le rap et on était tous les après-midi chez Karl.
Aketo : Après, c'est humain, c'est la vie, on est tous conscients que c'est une évolution normale. Moi perso dans la vie, dans mon entourage, Karl et Bachir font partie des personnes les plus importantes. On a eu une histoire ensemble, on a grandi ensemble. Aujourd'hui, meme si on se cotoie pas tous les jours, on sait la place que tient chacun dans le coeur.
Blacko et Tunisiano : C'est clair.
Planète Rap : Quel est votre meilleur souvenir depuis que vous etes ensemble?
Blacko : Moi, il y a deux trucs. Franchement le stade de France c'était un truc de ouf et aussi quand on a fini le premier album. J'ai revu les videos quand on a était au mastering, on est comme des dingues. On est surdosé.
Aketo : Ouais, moi c'est le premier album et la première date à Paris, à la Cigale. Parce qu'il y avait tout le monde ce soir là, tous nos proches et tout le quartier. C'était vraiment notre première grosse date à Paris.
Tunisiano : Le mastering et les francofolies de la Rochelle. C'était quand même quelques chose.
Blacko : Moins que le stade, mais si quand même...
Tunisiano : C'est là qu'on s'est dit « ça y est, on est dans le rap ». (À Blacko) Tu te souviens pas quand tu traverser le TGV ? T'était revenu et tu hallucinais.
Blacko : J'avoue. Dans le TGV on était assis et on nous à appeler au micro ! Il y avait un mec qui a mis des instrus et on a tous rappait dessus. C'est là que le buzz à commencer ! Les gens dans le train nous encourageaient.
Tunisiano : On a kiffé, c'était chanmé.
Aketo : C'est là où on a commencé à voie les têtes du rap français de l'époque...C'était la pression. On regardait avec des grands yeux ! Les 2 Bal sont venus nous voir en nous disant « c'est bien les petits », on kiffait ! C'est le train où il y avait tout le rap français qui se rendait à la Rochelle. C'était le Hip Hop TGV !
Planète Rap : Pourquoi est-ce le mastering qui vous a marqué ?
Parce que l'on avait enfin fini un album, on avait un truc entre les mains, pas uniquement des petits morceaux à la volée.
Planète Rap : Le moment le plus galère ?
Aketo : Les galères de justice, tout ça.
Tunisiano : Le moment où l'on ne se parlait plus du tout. C'est entre le deuxième et le troisième album, vers 2004. Cette période était relou.
Aketo : Il y a eu plain de trucs relous. Des histoires d'entourage bizarres... Ce qui est relou quand tu deviens public c'est que tu te rends compte que t'es seul. J'ai mis longtemps pour le remarquer, je m'en suis rendu compte au bout de 3 albums. C'est ça qui fait mal. Quand tu commences, tu es soutenu par le quartier, les potos... Lors du concert à la Cigale, il y avait tous les mecs de chez moi, ils étaient tous là. Et aujourd'hui, il doit y avoir la moitié à qui je ne parle plus.
Planète Rap : On a vu une vidéo sur Internet...
Tunisiano : C'est un délire qu'on s'est fait, ce n'est pas récent non plus. En fait j'ai perdu mon portable et donc malheureusement ça a fini sur le Net. C'est regrettable mais c'est fait.
Aketo : On a des qualités et des défauts comme tout le monde. Nous, on ne se drogue pas, on ne fume pas...
Planète Rap : Et la période où vous ne vous parliez plus, c'était du à quoi ?
Tunisiano : En fait, on s'est écarté progressivement et le pire c'est que l'on ne s'en est pas rendu compte. Pendant la tournée « Gravé dans la roche » ça aller, quoique tu commençais déjà un peu à être distant (à Blacko).
Blacko : Ouais, c'est dû au gens qu'il y avait dans le bateau, quand il y a trop de monde des fois, tu ne calcules pas le degré de flottaison.
Aketo : C'est surtout les entourages...les centres d'intérêts différents, après chacun commençait à faire sa vie de son coté. T'as des petites routines balourdes, dés qu'elles s'installent, tu laisses passer le temps, ça se calcule pas et ça se fait la gueule. C'est normal dans la vie, ça arrive à plein de gens.
Planète Rap : Vous avez essayé d'en discuter quand ?
Tunisiano : Avant de renter en studio pour le troisième album. Je me rappelle un soir où on s'était vu et on avait mis les choses à plat. T'imagines si on était rentré en studio sans se reparler ? Çà n'aurait pas été possible.
Blacko : Moi je voulais arrêter subitement tu vois. Parce que je ne me trouvais plus dans mon élément.
Planète Rap : Quand Blacko a décidé de revenir vous en avez discuté ?
Tunisiano : En fait, on n'a même pas parlé de musique dans cette discussion, on a juste parlé de nous, de comment ça se passait... Fallait qu'on discute, qu'on mette les choses au clair. Il avait certaines choses qui ne plaisaient pas et des petites tensions qui foutaient plus ou moins la rage à certains. En fait, juste le fait d'en parler ça a aidé.
Blacko : ouais, c'est la meilleure façon.
Aketo : Grave ! Il y avait juste un problème de communication.
Planète Rap : Comment vous avez vécu le retour de Blacko ?
Aketo : Ca fait plaisir. Et puis faire un album sans le défendre sur scène, ça serait chelou.
Tunisiano : La scène, c'est mortel !
Blacko : La musique, ça se vit sur scène.
Tunisiano : Moi à l'heure actuelle, j'y crois pas encore. C'est seulement sur scène que je réaliserai. Quand Karl m'a dit que ça ne l'intéressait plus, on continuait à se voir, même si c'était par rapport au taf... Alors pour l'instant, c'est pareil. C'est dès qu'on va rentré en répète et qu'on va commencer à construire le show que ... voilà quoi.
Planète Rap : Vous allez faire des albums solos ?
Tunisiano : De toute façon, c'est ce qu'on avez prévu, on ne l'a pas caché. On a fini cet album du mieux possible et après on part nous trois en solo. Une chose est sûre : il y aura un morceau de Sniper sur chacun des solos.
Planète Rap : C'est quoi tes loisirs Blacko ?
Blacko : C'est que le son. Je compose mes riddims et des fois je bosse un peu la vidéo.
Tunisiano : T'était grave Basket pendant une période.
Blacko : J'ai kiffé le basket pendant une période. Avant je rêvais d'être Michael Jordan. Maintenant, ça me dit rien d'aller faire un match où on me dit comment je dois jouer. C'est pour ça que je préfère aller jouer dehors avec des potes. En dehors du son, mon autre passion c'est le monde sous-marin, je fais de la plongée quand je vais au bled. Je ne pensais pas que j'allais kiffer autant. Parfois je reste près de 5 heurs sous l'eau ! Pas sans respirer (rire). J'ai passé un baptême pour plonger en bouteille, c'est violent ! Faut que je passe le niveau 1. C'est trop beau, le monde sous-main, les couleurs tout ça... Tu te dis qu'il y à de grands peintres dans le monde, mais le plus grand il suffit de mettre la tête sous l'eau pour regarder son ½uvre.
Planète Rap : Tu vas bientôt devenir pro ?
Tunisiano : A la piscine de Montmorency !
Blacko : non, non pas de piscine. Pour moi c'est la mer direct, c'est là que j'ai fait mon premier truc. Ouais, j'aimerais bien faire ça, c'est cool.
Planète Rap : Il y a quoi dans vos lecteurs là ?
Tunisiano : Moi il n'y a que des instrus.
Blacko : Moi Gytty
Aketo : Moi le dernier Jay-Z et le Snoop.
Planète Rap : T'as téléchargé ?
Aketo : Ben ouais, je peux le dire. Le dernier Jay-Z j'ai été un peu déçu. Snoop a fait un bon album.
Blacko : Jay-Z, c'est super ouvert au niveau de la prod, j'aime bien moi. Il est bon.
Tunisiano : Jin Jones, j'ai écouté, franchement il est bon. Le dernier Chimène Badi : c'est lourd. Elle, elle a maigri mais le son est lourd. T'as un brushing terrible Blacko. Je voulais te le dire avant mais il y avait du monde !
Blacko : Ben ouais, je l'entretiens (rire).
Planète Rap : Niveau jeu vidéo sinon ?
Tunisiano et Blacko : PES 6.
Aketo : ouais PES toujours, et je suis dans la NBA avec NBA 2K.
Planète Rap : Qui est le plus fort à PES ?
Blacko et Aketo : Tunisiano !
Planète Rap - N°5
Janvier 2007
Janvier 2007

