♪ Un Crew Uni Comme Les Doigts De La Main ♪

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Interview Après Trait Pour Trait

Interview


Planète Rap : Salut Blacko, on ne ta pas vu dans le groupe depuis longtemps; tu étais où? En vacances?

Blacko : Je suis parti assez longtemps au bled, pour voir mon père et me ressourcer un peu ... voilà quoi. J'ai aussi fait un petit break avec le monde de la musique, histoire de me recadrer.



Planète Rap : Ca t'avais soulé?Tu voulais passer à autre chose?

Blacko : J'étais un peu soulé. A un moment, tu te poses des questions tu te demandes ce que tu dois faire dans la life, à part chanter.



Planète Rap : C'est toujours ton plaisir de chanter, non?

Blacko : Oui mais ça dépend comment et voilà. J'aime toujours chanter, mais je ne le vois plus comme avant. Avant, je chantais avec le reve: l'objectif de faire un truc. Et là, l'objectif on l'a presque fait, on a un beau parcours. A un moment tu te demandes si c'est ça ton but dans la vie, ton vrai objectif dans la vie, en tant qu'homme et non en tant qu'artiste, et tu te rends compte que la muique, c'est rien, c'est comme tous les autres trucs.



Planète Rap : Comment avez-vous vécu la période où Blacko n'était pas là?

Aketo : Je vais pas te cacher que c'était pas facile. Il avait besoin de faire un break. On a respecté son choix, on l'a laissé faire son break tranquillement. Pendant ce temps, on a continué à défendre l'album du mieux qu'on pouvait.



Planète Rap : Quand tu as décidé de t'arreter, vous en avez discuté? Ca s'est passé comment?

Blacko : J'en parlais depuis longtemps déjà.
Aketo : On savait plus ou moins qu'il en avait ras-le-bol, on le sentait venir.
Blacko : En fait, je suis carrément dans un autre univers musical, alors que je suis dans un groupe de rap. Les seuls rappeurs que j'écoute, c'est Tunisiano et Aketo. Meme si j'ai participé à des morceaux avec des gens que j'aime bien, avec qui j'avais une bonne vibe, je ne suis dans le rap français que par rapport à Sniper. J'avais envie de baigner un peu dans le reggae,d'aller voir différentes vibes.



Planète Rap : Quelles sont vos relations en dehors de la musique?

Blacko : On a grandi, c'est plus comme au tout début quand on avait 17 piges et que l'on commençait. On est devenu des "hommes", on n'a plus la meme façon de penser. Chacun a ses entourages, ses potes,tout ça... Mais on est toujours la meme bande du départ, sauf que ça prend de la maturité.
Tunisiano : Avant on galérait grave ensemble. Mais chacun à ses propres occupations, il y'en a un qui a sa meuf, l'autre qui déménage... Donc on ne peut plus se voir autant qu'avant. Alors qu'avant on était exactement dans le meme délire, on kiffait bédave, on kiffait le rap et on était tous les après-midi chez Karl.
Aketo : Après, c'est humain, c'est la vie, on est tous conscients que c'est une évolution normale. Moi perso dans la vie, dans mon entourage, Karl et Bachir font partie des personnes les plus importantes. On a eu une histoire ensemble, on a grandi ensemble. Aujourd'hui, meme si on se cotoie pas tous les jours, on sait la place que tient chacun dans le coeur.
Blacko et Tunisiano : C'est clair.



Planète Rap : Quel est votre meilleur souvenir depuis que vous etes ensemble?

Blacko : Moi, il y a deux trucs. Franchement le stade de France c'était un truc de ouf et aussi quand on a fini le premier album. J'ai revu les videos quand on a était au mastering, on est comme des dingues. On est surdosé.
Aketo : Ouais, moi c'est le premier album et la première date à Paris, à la Cigale. Parce qu'il y avait tout le monde ce soir là, tous nos proches et tout le quartier. C'était vraiment notre première grosse date à Paris.
Tunisiano : Le mastering et les francofolies de la Rochelle. C'était quand même quelques chose.
Blacko : Moins que le stade, mais si quand même...
Tunisiano : C'est là qu'on s'est dit « ça y est, on est dans le rap ». (À Blacko) Tu te souviens pas quand tu traverser le TGV ? T'était revenu et tu hallucinais.
Blacko : J'avoue. Dans le TGV on était assis et on nous à appeler au micro ! Il y avait un mec qui a mis des instrus et on a tous rappait dessus. C'est là que le buzz à commencer ! Les gens dans le train nous encourageaient.
Tunisiano : On a kiffé, c'était chanmé.
Aketo : C'est là où on a commencé à voie les têtes du rap français de l'époque...C'était la pression. On regardait avec des grands yeux ! Les 2 Bal sont venus nous voir en nous disant « c'est bien les petits », on kiffait ! C'est le train où il y avait tout le rap français qui se rendait à la Rochelle. C'était le Hip Hop TGV !



Planète Rap : Pourquoi est-ce le mastering qui vous a marqué ?

Parce que l'on avait enfin fini un album, on avait un truc entre les mains, pas uniquement des petits morceaux à la volée.



Planète Rap : Le moment le plus galère ?

Aketo : Les galères de justice, tout ça.
Tunisiano : Le moment où l'on ne se parlait plus du tout. C'est entre le deuxième et le troisième album, vers 2004. Cette période était relou.
Aketo : Il y a eu plain de trucs relous. Des histoires d'entourage bizarres... Ce qui est relou quand tu deviens public c'est que tu te rends compte que t'es seul. J'ai mis longtemps pour le remarquer, je m'en suis rendu compte au bout de 3 albums. C'est ça qui fait mal. Quand tu commences, tu es soutenu par le quartier, les potos... Lors du concert à la Cigale, il y avait tous les mecs de chez moi, ils étaient tous là. Et aujourd'hui, il doit y avoir la moitié à qui je ne parle plus.



Planète Rap : On a vu une vidéo sur Internet...

Tunisiano : C'est un délire qu'on s'est fait, ce n'est pas récent non plus. En fait j'ai perdu mon portable et donc malheureusement ça a fini sur le Net. C'est regrettable mais c'est fait.
Aketo : On a des qualités et des défauts comme tout le monde. Nous, on ne se drogue pas, on ne fume pas...



Planète Rap : Et la période où vous ne vous parliez plus, c'était du à quoi ?

Tunisiano : En fait, on s'est écarté progressivement et le pire c'est que l'on ne s'en est pas rendu compte. Pendant la tournée « Gravé dans la roche » ça aller, quoique tu commençais déjà un peu à être distant (à Blacko).
Blacko : Ouais, c'est dû au gens qu'il y avait dans le bateau, quand il y a trop de monde des fois, tu ne calcules pas le degré de flottaison.
Aketo : C'est surtout les entourages...les centres d'intérêts différents, après chacun commençait à faire sa vie de son coté. T'as des petites routines balourdes, dés qu'elles s'installent, tu laisses passer le temps, ça se calcule pas et ça se fait la gueule. C'est normal dans la vie, ça arrive à plein de gens.



Planète Rap : Vous avez essayé d'en discuter quand ?

Tunisiano : Avant de renter en studio pour le troisième album. Je me rappelle un soir où on s'était vu et on avait mis les choses à plat. T'imagines si on était rentré en studio sans se reparler ? Çà n'aurait pas été possible.
Blacko : Moi je voulais arrêter subitement tu vois. Parce que je ne me trouvais plus dans mon élément.



Planète Rap : Quand Blacko a décidé de revenir vous en avez discuté ?

Tunisiano : En fait, on n'a même pas parlé de musique dans cette discussion, on a juste parlé de nous, de comment ça se passait... Fallait qu'on discute, qu'on mette les choses au clair. Il avait certaines choses qui ne plaisaient pas et des petites tensions qui foutaient plus ou moins la rage à certains. En fait, juste le fait d'en parler ça a aidé.
Blacko : ouais, c'est la meilleure façon.
Aketo : Grave ! Il y avait juste un problème de communication.



Planète Rap : Comment vous avez vécu le retour de Blacko ?
Aketo : Ca fait plaisir. Et puis faire un album sans le défendre sur scène, ça serait chelou.
Tunisiano : La scène, c'est mortel !
Blacko : La musique, ça se vit sur scène.
Tunisiano : Moi à l'heure actuelle, j'y crois pas encore. C'est seulement sur scène que je réaliserai. Quand Karl m'a dit que ça ne l'intéressait plus, on continuait à se voir, même si c'était par rapport au taf... Alors pour l'instant, c'est pareil. C'est dès qu'on va rentré en répète et qu'on va commencer à construire le show que ... voilà quoi.



Planète Rap : Vous allez faire des albums solos ?

Tunisiano : De toute façon, c'est ce qu'on avez prévu, on ne l'a pas caché. On a fini cet album du mieux possible et après on part nous trois en solo. Une chose est sûre : il y aura un morceau de Sniper sur chacun des solos.



Planète Rap : C'est quoi tes loisirs Blacko ?

Blacko : C'est que le son. Je compose mes riddims et des fois je bosse un peu la vidéo.
Tunisiano : T'était grave Basket pendant une période.
Blacko : J'ai kiffé le basket pendant une période. Avant je rêvais d'être Michael Jordan. Maintenant, ça me dit rien d'aller faire un match où on me dit comment je dois jouer. C'est pour ça que je préfère aller jouer dehors avec des potes. En dehors du son, mon autre passion c'est le monde sous-marin, je fais de la plongée quand je vais au bled. Je ne pensais pas que j'allais kiffer autant. Parfois je reste près de 5 heurs sous l'eau ! Pas sans respirer (rire). J'ai passé un baptême pour plonger en bouteille, c'est violent ! Faut que je passe le niveau 1. C'est trop beau, le monde sous-main, les couleurs tout ça... Tu te dis qu'il y à de grands peintres dans le monde, mais le plus grand il suffit de mettre la tête sous l'eau pour regarder son ½uvre.



Planète Rap : Tu vas bientôt devenir pro ?

Tunisiano : A la piscine de Montmorency !
Blacko : non, non pas de piscine. Pour moi c'est la mer direct, c'est là que j'ai fait mon premier truc. Ouais, j'aimerais bien faire ça, c'est cool.



Planète Rap : Il y a quoi dans vos lecteurs là ?

Tunisiano : Moi il n'y a que des instrus.
Blacko : Moi Gytty
Aketo : Moi le dernier Jay-Z et le Snoop.



Planète Rap : T'as téléchargé ?

Aketo : Ben ouais, je peux le dire. Le dernier Jay-Z j'ai été un peu déçu. Snoop a fait un bon album.
Blacko : Jay-Z, c'est super ouvert au niveau de la prod, j'aime bien moi. Il est bon.
Tunisiano : Jin Jones, j'ai écouté, franchement il est bon. Le dernier Chimène Badi : c'est lourd. Elle, elle a maigri mais le son est lourd. T'as un brushing terrible Blacko. Je voulais te le dire avant mais il y avait du monde !
Blacko : Ben ouais, je l'entretiens (rire).



Planète Rap : Niveau jeu vidéo sinon ?

Tunisiano et Blacko : PES 6.
Aketo : ouais PES toujours, et je suis dans la NBA avec NBA 2K.



Planète Rap : Qui est le plus fort à PES ?
Blacko et Aketo : Tunisiano !


Planète Rap - N°5
Janvier 2007

# Posté le dimanche 22 avril 2007 12:19

Modifié le lundi 30 juillet 2007 12:09

♪ T'As R'Connu La Voix Que T'Aimes ? La Même Signature Vocale ! ♪

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Vidéos

Clips
Brûle - Sniper
Du Rire Aux Larmes - Sniper
Fallait Que Je Te Dise - Sniper
Quand On Te Dit - Sniper
Trait Pour Trait - Sniper

Blacko Feat Remal
Crois En Jah - Blacko
Être Un Homme - Blacko [ft Krys]
Humanity - Blacko
Zamalia - Blacko
12 Rounds - Tunisiano
État Des Lieux - Tunisiano
La France (Itinéraire D'Une Polémique) - Sniper
Rien À Foutre - Tunisiano

Algérie Solidarité - Kerry James [ft Aketo & ...]
Bons Moments - L'Skadrille [ft Sniper]
Ghetto People - Joey Starr [ft Sniper & ..]
Hip Hop Citoyens
L'Angoisse D'Une Mère - TwoNaze [ft Tunisiano & Aketo]
Le Jugement - Tandem [ft Tunisiano & ...]
Rap Du Bled - K2Rhym [ft Tunisiano]
Relève La Tête - Kerry James [ft Blacko & ...]
Un Jour De Paix - 113 [ft Blacko]





Live
Aketo vs Tunisiano
Aketo vs Tunisiano - Sniper [Ancienne Belgique]
Aketo vs Tunisiano + Zamalia - Sniper [Ancienne Belgique]

Brûle - Blacko [SkyRock]
Brûle - Sniper [Ancienne Belgique]
Brûle - Sniper [Ancienne Belgique]
Brûle - Sniper [Foire De Paris]
Brûle - Sniper [SkyRock]

Dans Mon Monde - Sniper [Ancienne Belgique]

Elle - Blacko [Ancienne Belgique]
Elle - Sniper [Ancienne Belgique]
Elle - Sniper [Lausanne]
Elle - Tunisiano [Ancienne Belgique]

Fallait Que Je Te Dise - Sniper [Lausanne]
Fallait Que Je Te Dise - Tunisiano [Ancienne Belgique]

Freestyle - Aketo [SkyRock]
Freestyle - Blacko [SkyRock]
Freestyle - Sniper [Foire De Paris]
Freestyle - Sniper [Nouveau Casino]
Freestyle -Sniper [SkyRock]
Freestyle - Tunisiano [SkyRock]

Give Thanks - Blacko [Nouveau Casino]

Gravé Dans La Roche - Sniper [Ancienne Belgique]
Gravé Dans La Roche - Sniper [Ancienne Belgique]
Gravé Dans La Roche - Sniper [Foire De Paris]
Gravé Dans La Roche - Sniper [Génération Rap/Rnb]
Gravé Dans La Roche - Sniper [Lausanne]

Kaem - Sniper [Nouveau Casino]

La France (Itinéraire D'Une Polémique) - Tunisiano [Neuchâtel]

Pris Pour Cible - Sniper [Foire De Paris]
Pris Pour Cible - Sniper [Lausanne]
Pris Pour Cible - Sniper [Lausanne]

Processus 2003 - Sniper [Ancienne Belgique]

Qu'Est Qu'Il Y A - Sniper [Foire De Paris]
Qu'Est Qu'Il Y A - Sniper [Foire De Paris]

Quoi Qu'Il Arrive - Sniper [Ancienne Belgique]
Quoi Qu'Il Arrive - Sniper [SkyRock]

Sans Repères - Sniper [Ancienne Belgique]
Sans Repères - Sniper [Lausanne]

S.N.I. - Sniper [Ancienne Belgique]
S.N.I. - Sniper [Ancienne Belgique]
S.N.I. - Sniper [Ancienne Belgique]
S.N.I. - Sniper [Ancienne Belgique]
S.N.I. - Sniper [Foire De Paris]

Trait Pour Trait - Aketo [Foire De Paris]
Trait Pour Trait - Sniper [Foire De Paris]
Trait Pour Trait + Gravé Dans La Roche - Sniper [Ancienne Belgique]
Trait Pour Trait + Gravé Dans La Roche - Sniper [Ancienne Belgique]

Y A Pas De Mérite - Sniper [Ancienne Belgique]
Y A Pas De Mérite - Sniper [Ancienne Belgique]
Y A Pas De Mérite - Sniper [Génération Rap/Rnb]

Zamalia - Blacko [Ancienne Belgique]
Zamalia - Blacko [Foire De Paris]
Zamalia - Blacko [SkyRock]

Zenfants Couraf - Blacko [SkyRock]



Bons Moments - L'Skadrille ft Sniper [Ancienne Belgique]
Freestyle - Sinik [ft Sniper]

# Posté le dimanche 22 avril 2007 13:52

Modifié le mercredi 09 mai 2007 17:05

♪ Concept Différent Et C'Est Sur'ment C'Qui Fais La Différence, Flow De Conquérants Vois Qu'Le Sniper Est Devenu Une Référence ♪

♪ Concept Différent Et C'Est Sur'ment C'Qui Fais La Différence, Flow De Conquérants Vois Qu'Le Sniper Est Devenu Une Référence ♪
Interview Après Trait Pour Trait

Interview

Skyrock.com : Sniper bonjour. Bienvenue sur Skyrock.com. Vous venez nous présenter Trait
pour Trait, votre nouvel album, dans les bacs le 22 mai. Trois ans après Gravé dans la Roche, vous n'êtes plus que trois. Comment avez-vous travaillé pour ce disque ?

Blacko : Ça s'est fait comme pour les autres albums en fait. On est rentrés en studio, et puis on a attendu que le courant passe entre nous trois.
Tunisiano : Soit on bossait à l'instinct, soit on avait un thème qui était déjà construit à l'avance, avec des textes écrits. Ensuite, on cherchait l'instru adéquate.
Aketo : D'autres fois c'était l'inverse. Une instru pouvait nous inspirer et on se mettait à écrire. Après, le choix final est toujours difficile, parce qu'on est trois. Il faut qu'on tombe tous d'accord.



Skyrock.com : Sur Trait pour Trait vous abordez pas mal de thèmes. On a l'impression que c'est une mise au point. Rien que dans la chanson Trait pour Trait, il y a des phrases comme « Je ne veux pas de ce star-system », « Pour avoir du crédit il faut un trou dans l'abdomen ». C'est par rapport à quelque chose qui se passe actuellement dans le rap ?

Aketo : Ouais. Et ce n'est pas notre état d'esprit.
Tunisiano : C'est toute cette soi-disant gangstérisation du rap français. On a l'impression que pour être crédible aujourd'hui, il faut se donner une image de gangster, de mec hardcore.
Blacko : La prison c'est devenu le nouveau diplôme. Certains en parlent comme si c'était quelque chose de bien.
Aketo : Ce qui nous dérange c'est la glorification de tout ça.
Tunisiano : Qu'est ce qu'il ne faut pas dire pour être crédible.



Skyrock.com : Vous en parlez aussi dans S.N.I., le premier titre du disque.
Aketo : On ouvre l'album avec S.N.I. Sur les autres disques, on avait des morceaux d'ouverture comme Sniper Processus et Processus 2003. On ne l'a pas appelé Processus 2006 pour ne pas faire répétitif. Mais c'est un peu dans la continuité, dans le même esprit.



Skyrock.com : Avec Brûle, qu'on entend beaucoup en ce moment, vous revenez sur les émeutes de banlieue. Vous l'aviez déjà sorti avant. Pourquoi avoir choisi de l'inclure quand même ?

Aketo : Quand on a vu que le morceau était toujours d'actualité, on a décidé de l'utiliser. Il était passé un peu inaperçu vu qu'il était sorti sur une mixtape.
Blacko : Avec une petite mise à jour.
Aketo : Ouais. On a voulu le mettre « au grand jour ». On pensait que s'il était sur l'album, il pouvait toucher plus de monde. On l'a réactualisé en changeant l'instru et quelques paroles par rapport aux derniers événements.
Tunisiano : Et on a demandé la participation de Joey Starr. Parce que Blacko, dans son couplet, disait « Donne-moi des balles », et c'est une de ses phrases. On voulait qu'il ramène sa voix pour dire cette phrase, précisément. Et puis comme l'enregistrement s'est passé à Puteaux, dans les mêmes studios où on avait fait notre premier morceau, Exercice de Style, pour la compile B.O.S.S., c'était l'occasion de lui faire un big up. On l'a appelé et du coup il a accepté.



Skyrock.com : Quel regard portez-vous sur ces émeutes, six mois après ?

Blacko : Il y a du bon comme du mauvais dans ce qu'il s'est passé. Certaines personnes ont ouvert les yeux, mais beaucoup de voitures ont brûlé inutilement. Les jeunes ont brûlé des voitures de mères qui vont travailler le matin. Ils n'ont pas beaucoup réfléchi au truc, ils sont juste descendus dans la rue pour brûler quelque chose.
Aketo : On ne voit pas trop ce qui a changé.



Skyrock.com : Et la prise de parole des rappeurs, les actions du type Devoir de Mémoire, emmené justement par Joey Starr ?

Aketo : Oui, le fait d'inciter au vote, c'est positif. Mais après, au niveau de la société, rien n'a changé.



Skyrock.com : C'est peut-être trop tôt ?

Aketo : Je ne sais pas si c'est trop tôt, mais en tout cas on ne voit rien pour l'instant.



Skyrock.com : Le discours politique sur l'immigration est encore un thème qui revient, avec Hommes de Loi. Vous abordez notamment la question de la représentation dans les médias, en disant « Sébastien Follin n'est qu'un quota ». Vous tenez un discours assez politique.

Aketo : Mettre un mec comme Sébastien Follin ou Magloire, c'est l'arbre qui cache la forêt.
Tunisiano: On a toujours eu ce discours-là. C'est notre façon de voir les choses. C'est une espèce de constat plutôt sombre, mais bon, c'est la réalité. Dans l'album, il n'y a pas que ça, mais c'était important pour nous d'en parler.



Skyrock.com : A un an des élections présidentielles.

Tunisiano: En plus, oui. C'est pour ça que dans ces deux morceaux, on répète que le plus important est d'aller voter et de se faire entendre d'une manière positive. Dans Brûle, par exemple, le vrai sens des paroles ce n'est pas « va tout brûler ».
Aketo : Ce n'est pas une incitation.
Tunisiano: C'est brûle tout positivement, que ce soit dans les études ou ailleurs. On peut le prendre dans ce sens là. S'il y a un message qui devrait ressortir de ces deux titres là, c'est aller voter et faites-vous entendre.



Skyrock.com : Sur Eldorado, vous parlez de ceux qui quittent leur pays en espérant une vie meilleure ailleurs. L'intro est très touchante. Comment vous est venue l'idée ?

Aketo : L'idée nous est venue après avoir regardé un reportage. D'ailleurs, l'intro vient de là aussi.
Tunisiano: C'était un reportage sur ce qui s'était passé au Maroc, avec les Africains qui essayaient de passer en Espagne. On a vu pas mal d'images qui nous ont marqué et choqué. On a décidé d'en faire un titre parce qu'on voulait en parler.
Aketo : Et l'aborder sous l'angle de la fiction.



Skyrock.com : Oui, vous jouez des personnages sur ce morceau.

Aketo : On a préféré le faire comme ça, plutôt que d'énumérer les faits.
Tunisiano: On s'est mis dans la peau de deux frangins qui décident de partir pour l'Eldorado, pour l'exode en Occident. Un veut se soigner et l'autre veut du boulot, il a soif de richesse. La morale est assez sombre, mais la réalité aussi. La traversée de l'Afrique à l'Occident se finie mal la plupart du temps.
Aketo : C'est un rêve qui se termine en cauchemar.



Skyrock.com : On ne parle pas souvent des raisons qui poussent certains à quitter leur pays, comme l'envie de se soigner que vous soulignez.

Tunisiano: Oui. C'est souvent « Ils viennent pour foutre la merde et le désordre ». Alors que parfois il y a une vraie cause derrière tout ça. Ils ne viennent pas en Occident forcément pour trouver la fortune. Ils ont plein d'autres raisons valables comme la médecine, qui n'est pas aussi développée en Afrique qu'ici.



Skyrock.com : Il y a beaucoup plus de reggae sur Trait pour Trait que sur vos autres disques. Pourquoi ? C'est une cassure ou c'est venu petit à petit ?

Blacko : Je ne rappe plus du tout. J'ai enterré le rap. Ca ne me plaît plus, m'écouter rapper ça ne me fait plus rien. Je préfère faire ce que j'aime. Dans ce sens, c'est une évolution.



Skyrock.com : On voit ca sur Zamalia, où il n'y a que toi. Tu peux nous parlez de ce morceau ?

Blacko : Zamalia, c'est ma petite appellation pour la Réunion. J'entendais Guyana, Gwadada, et nous on avait rien. Alors j'ai sorti mon petit mot, Zamalia, et j'ai fait un morceau sur ça. Je l'ai passé à quelques personnes de chez moi, et ça tourne bien au bled. Les gens ont apprécié.



Skyrock.com : Vous revenez aussi sur l'affaire Sniper avec France (2). C'est une façon de mettre les points sur les i ?

Tunisiano: C'est une façon de montrer à tout le monde les vraies causes du conflit. Beaucoup ont vu les propos de Sarkozy au JT, où il disait qu'il allait nous attaquer pour racisme, antisémitisme, propos injurieux. On voulait expliquer à tout le monde d'où ca partait réellement, c'est-à-dire d'un groupuscule d'extrême droite qui a mis la pression. Ça a fait boule de neige jusqu'à un syndicat de police, puis à une députée UMP (ndlr : Nadine Morano) et enfin à Sarkozy.



Skyrock.com : Comment expliquez-vous cette tournure ?

Tunisiano: C'est une espèce de manipulation. Ils ont pris des phrases en les sortant de leur contexte. Ils nous ont fait passer pour ce qu'on n'était pas. Vu que le rap en France est une musique qui dérange, ça tombait bien. Sarkozy a toujours la matraque à la main. Dès qu'il a moyen de taper, il intervient pour dire « Je suis là, je vais remettre de l'ordre ». Du coup il est monté au créneau.



Skyrock.com : Maintenant, la censure c'est quelque chose à laquelle vous pensez ?

Tunisiano: Cet album va être épluché par ces personnes. Ils vont essayer de trouver la phrase ou les propos qui dérangent de manière à pouvoir nous attaquer. On a déjà eu quatre procès, tous gagnés. On était attaqués par rapport à des représentations sur scène. A la base, ils voulaient s'en prendre au morceau La France. Mais comme il était sorti depuis longtemps ils ne pouvaient pas, il y avait prescription. A chaque fois ils changeaient les chefs d'inculpation. C'était un morceau anti-flic, après c'était un morceau anti-blanc, ensuite il portait atteinte à la dignité humaine. Là, on attend deux autres affaires qui arrivent. On va voir les nouveaux chefs d'inculpation (rires).



Skyrock.com : Ça a influé sur la composition de Trait pour Trait ? Vous pensez que ce type de censure contre les rappeurs va se développer ?

Blacko : Oui je pense.
Tunisiano: C'est malheureux, mais moi aussi.
Aketo : Comme tu peux entendre, on ne s'est pas retenu pour dire ce qu'on avait à dire. Mais ce genre d'affaire ne date pas d'aujourd'hui. Il y a déjà eu les cas de NTM, du Ministère A.M.E.R. et d'autres.



Skyrock.com : Mais ça ne risque pas de s'amplifier aux vues des propos de certains hommes politiques ?

Tunisiano: Tu veux dire après les émeutes ? Comment il s'appelle ? Gros...Gros ...
Aketo : Grosdidier
Tunisiano : Ouais. Je pense que c'est une façon de se décharger du fardeau qu'ils portent sur les épaules. Parce qu'il fallait assumer tout ce qui s'était passé. C'est facile de dire que c'est de la faute de la polygamie, c'est de la faute des rappeurs. Le fardeau est lourd. Alors ils mettent un petit caillou là, un autre là-bas.



Skyrock.com : Vous invitez à aller dans votre univers avec Dans Mon Monde. C'est qui Aketo, Blacko et Tunisiano en dehors de Sniper ?

Tunisiano: En dehors du groupe ? C'est Bachir, Karl et Ryad. On est chacun dans notre délire, on a chacun nos habitudes, nos petits trains de vie.
Aketo : Tout ce qu'il y a de plus normal.



Skyrock.com : Dans Retour Aux Sources, vous parlez de votre rencontre avec le hip-hop. Vous avez trois albums à votre actif, plusieurs compiles et collaborations. Quel regard vous porter sur ce parcours ?

Aketo : C'est passé bien vite ! On ne se rend pas trop compte.
Blacko : On regarde derrière, mais pas de trop près non plus. Pour continuer, on essaie de rester dans notre mode rêve. Parce qu'une fois que tu réalises, tu ne profites plus du truc.
Aketo : On savoure.



Skyrock.com : Il y a des titres plus légers, comme Tanguy, qui parle de cette génération qui reste de plus en plus tard chez les parents.

Tunisiano : Le titre parle du film, c'est clair. C'est une réalité qu'on retrouve autour de nous. Même nous, ça commence à arriver à grand pas. Perso, je suis encore à la baraque.
Aketo : Pareil. (rires)



Skyrock.com : C'est autobiographique alors ?

Tunisiano : Non, quand même pas. C'est un peu tourné en dérision. Ça veut dire « Oh, garçon, prend toi en main », réveille toi, fais quelque chose.



Skyrock.com : Le titre d'amour du disque c'est Elle, au singulier, où chacun fait sa déclaration.

Blacko : C'est pas une déclaration, c'est une requête. (rires). Non, en fait c'est comment on imagine la « Elle », qui nous correspondrait. Celle qui resterait jusqu'à la fin, dans les pires moments comme dans les meilleurs, jusqu'à ce que t'aies les cheveux blancs.



Skyrock.com : C'est un morceau que vous auriez pu faire avant ?

Aketo : Peut-être pas, non.
Blacko : Quand on était jeunes, nos albums c'était bambambambambambam. On était au taquet.
Aketo : Mais c'est humain. Comme n'importe que mec, au bout d'un moment tu veux te poser.



Skyrock.com : Mais d'abord il faut quitter papa et maman.

Aketo : Oui dans un premier temps !
Tunisiano : Ou alors, tu trouves la meuf et après tu décides de...
Blacko : Tout le monde chez maman ! (rires)



Skyrock.com : L'album se termine avec Fallait Que Je Te Dise, qui dure 9'36. Vous aviez déjà fait ça avec Visions Chaotiques. C'est encore le morceau le plus long de l'album, mais il est un peu différent.

Tunisiano : C'est un morceau très personnel. Ça peut parler aux gens. Tout le monde a quelque chose à dire aux personnes de leur entourage. Comme toi, par exemple, tu peux avoir des choses à dire à ton père, que tu n'arrives pas à exprimer clairement, soit parce que t'as honte, soit par une espèce de pudeur ou de fierté. Vu qu'on est plus doués pour écrire et poser des lyrics, on a préféré en faire un morceau et leur dire clairement...
Aketo : Des choses qu'on n'avait jamais dites. Chacun a vidé son sac, s'est soulagé.



Skyrock.com : Les gens à qui c'était destiné ont écouté ? Quelles ont été leurs réactions ?

Aketo : Ma mère était contente.
Blacko : De très, très bonnes réactions. Très émotives.
Aketo : Même nous quand on l'entend cette chanson, ça fait un pincement au c½ur. Quand j'entends leurs couplets, ca me touche.
Blacko : Ouais, à chaque fois il m'allume celui-là. Le morceau il dure 9'30. C'était une façon de se mettre le pied à l'étrier. Maintenant, on peut s'assoir en face d'eux et balancer le reste. A la fin on a mit deux enfants qui disent je t'aime à leurs mamans, c'est eux qui font la morale du morceau, qui montrent la simplicité.



Skyrock.com : L'interview est diffusée sur Internet. Est-ce que vous êtes des utilisateurs ?

Blacko : Pas trop.
Tunisiano : Moi j'utilise un peu. Pour prendre du son...
Blacko : Quoi ? Tu télécharges !! (rires)
Tunisiano : Légalement ! J'achète après. Mais c'est surtout pour tchater avec les potes. C'est un gain de temps. Parfois je n'arrive pas à les joindre. Karl est souvent sur messagerie. Mais quand je vais sur MSN, il est connecté !
Blacko : Je suis toujours là !



Skyrock.com : L'album sort le 22 mai, dans moins d'une semaine. Comment vous sentez-vous ?

Blacko : Comme pour les deux premiers albums, on ne sait vraiment pas comment ça va se passer.
Aketo : C'est le public qui va décider.
Tunisiano : On espère qu'on a fait quelque chose de bien, et qu'on ne va décevoir personne.
Blacko : On sait qu'on en aura déjà vendu trois ou quatre, parce qu'on ira l'acheter le jour de la sortie. Quatre de vendu, c'est déjà ça.
Tunisiano : Ma frangine va sûrement l'acheter aussi.



Skyrock.com : En parlant de vente d'albums, ça vous inquiète le téléchargement musical ?

Tunisiano : C'est incontournable aujourd'hui.
Aketo : On ne peut pas en vouloir aux gens. Ils ont ça devant eux, à disposition.
Blacko : Il ne faut pas taper sur les gens qui téléchargent, il faut fermer les plates-formes d'accès Peer-to-Peer. C'est comme si on ouvrait les portes de Carrefour en disant « sers-toi ». Personne ne dira « Ce n'est pas juste parce qu'après les fabriquant ne pourront pas vivre de leur métier ».
Tunisiano : Pour moi, c'est comme la télé-réalité. Ca peut être positif comme négatif. Un petit groupe inconnu qui veut faire parler de lui, il peut mettre son morceau sur un site P2P, il le renomme avec un nom super connu et ca lui permettra de diffuser son produit à X personnes. Après, c'est clair que niveau business, c'est nuisible.



Skyrock.com : Vous avez une tournée prévue ?

Blacko : Elle se met en place pour septembre.
Tunisiano : Il y aura peut-être des petites dates cet été à droite à gauche. On n'est sûr de rien pour l'instant.



Skyrock.com : Vous avez écouté quels albums dernièrement ?

Blacko : Plus de rap pour moi, que du reggae. J'écoute beaucoup le dernier de Turbulence.
Tunisiano : Pour moi, Jay-Z, T.I
Aketo : Et Juelz Santana.



Skyrock.com : Vous pensez vous diriger vers des projets solos ?

Blacko : C'est ce que je veux faire.
Tunisiano : Oui, c'est prévu. Le plan c'était d'abord de faire cet album, de le défendre un maximum et après on part chacun sur nos solos.



Skyrock.com : Quelque chose à rajouter ?

Les trois : Le 22 mai, Trait pour Trait. Sniper, on est là de retour. Au revoir.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 15:22

Modifié le lundi 30 juillet 2007 12:13

♪ Ca Claque Comme Un Fouet, Ces Jeunes Là Sont Doués ♪

♪ Ca Claque Comme Un Fouet, Ces Jeunes Là Sont Doués ♪
Interview Après Trait Pour Trait

Interview

Yenoo.be : Dans la chanson « Trait pour trait », vous clamez votre simplicité et votre humilité face au succès. Vous pensez que les rappeurs actuels en font trop, qu'il faut donner une image de gangster pour être crédible ?

Aketo : ce n'est pas nécessaire de donner une image de gangster pour être crédible, il y en a qui aime bien jouer à ce jeu-là. Il y a différentes sortes de rappeurs, il y a ceux qui aiment bien flamber ; il y a ceux qui sont simples... Il faut aussi de tout... mais ce n'est pas notre monde ça, la flambe... ce n'est pas notre délire. Par exemple, Sniper et Booba, c'est deux opposés. Ca n'a rien à voir. Booba met en avant le matériel, le matérialisme. On est différent mais chacun son style.
Blacko : moi, c'est le mot jouer que j'aime pas. Que ce soit dans le rap, dans la musique, dans le sport ou dans la vie de tous les jours... Il faut rester sois-même et pas jouer un rôle... Si un rappeur dit qu'il est un gangster, qu'il le soit vraiment ou vice et versa. S'il dit qu'il est gentil, qu'il le soit vraiment. Faut juste être vrai et ne pas s'inventer une vie. Moi je suis Karl Apella avant d'être Blacko.
Tunisiano : cette chanson, c'est aussi le titre de l'album. C'est pour rappeler que du premier au troisième album, on reste simple, on garde le même état d'esprit. C'est aussi une sorte de clin d'½il aux autres rappeurs parce qu'au fil du temps, quand le succès est au rendez-vous, ils commencent à changer de look, d'attitude, etc. Dans le clip, on se fout de la gueule des mecs qui font les Américains. Nous, on fait du rap français, on vit en France et on trouve qu'il y a pas de raison de se déguiser. Cet image de pseudo-gangster, c'est une image ou peut-être un fantasme de la plupart des rappeurs.



Yenoo.be : Dans le titre « Fallait que je te dise », vous déclarez votre amour à vos proches. C'est un titre assez personnel et c'est plutôt rare dans le rap. On est loin des clichés qui présentent le rap comme un style violent et négatif...

Aketo : justement, rester simple, c'est aussi parler de choses plus profondes. Souvent, on pense au rappeur bête et méchant, celui qui n'a pas de c½ur, c'est un cliché. Ce morceau-là, on l'a fait aussi pour dire des choses personnelles, qu'on n'aurait jamais oser dire en face. C'était l'occasion de parler de nos sentiments envers nos proches. C'est super personnel comme morceau, et en même temps, on s'est rendu compte que cela touchait plein de gens. Il y a des gens qui s'y retrouvent malgré que cela soit vachement personnel.
Blacko : le rap pour moi, c'est ça, c'est sortir ce que j'ai en moi, parler aussi de choses plus personnelles, le faire passer au public. Et voilà, on en a profité pour parler à notre famille...
Tunisiano : ouais, ce morceau, c'est une déclaration d'amour, c'est tout ce qu'on arrive pas à leur dire. On voit nos proches tous les jours mais il y a une timidité, une sorte de pudeur qui fait qu'on ne leur dit rien. Ce texte, c'est une sorte d'échappatoire, on a trouvé la facilité de le dire dans le texte, on a triché (rires) parce que c'est des choses qu'on n'arrivera jamais à dire en face.



Yenoo.be : Comment ont-ils réagi ?

Blacko : je crois que la vraie réaction, on ne la connaîtra jamais. C'est eux face à la musique, je pense que ça les a touché. C'est toujours mieux de le dire en face mais c'est pas toujours facile... On voulait aussi inciter les gens à y aller, à parler de leurs sentiments à leur proche. Il faut le faire tant qu'il est temps et ne pas le faire devant une pierre froide.



Yenoo.be : L'album comporte une chanson d'amour, le titre « Elle » que vous dédiez à la future femme de votre vie, vous avez dit de cette chanson que c'était une requête, un appel à celle qui partagerait votre vie... L'appel a-t-il été entendu ?

Aketo : non ! (rires). Cette chanson on la dédie à toutes les femmes ! (rires). Moi, franchement, je ne la considère pas comme une requête, c'est la description de la femme idéale, c'est utopique. Je sais que personne n'est parfait !
Tunisiano : il n'a pas été entendu non plus ! (rires). Ouais en fait, on décrit plus notre vision de la femme idéale même si on sait qu'elle n'existe pas, ça nous tenait à c½ur de le faire.
Blacko : pour moi, l'appel, il avait déjà été entendu... J'étais déjà avec ma copine, je voulais justement rappeler les choses, qu'elle entende bien certaines choses, rappeler que je suis ce que je suis. Elle a subi le choc des cheveux et tout (rires)... Mais elle est encore là donc ça va !



Yenoo.be : Dans la chanson « Hommes de loi », à l'instar de plusieurs artistes rap, vous invitez les jeunes à voter aux prochaines présidentielles. C'est la peur de voir à nouveau l'extrême-droite triompher qui explique un tel élan citoyen dans le milieu artistique, et plus particulièrement dans le milieu du rap ?

Aketo : ouais, il y a surtout les élections de 2002, quand le Front National est passé au deuxième tour, cela a marqué beaucoup de gens, beaucoup de jeunes. Cela leur a fait prendre conscience que c'était important de voter. Je pense que cet engouement pour les élections vient de là. Le micro, c'est comme un haut-parleur, on sait que l'on est écoutés, on en profite pour faire passer ce qu'on pense. Voter, on pense que c'est un dire, que c'est important.
Blacko : ouais et c'est surtout pour faire comprendre que c'est, en quelques sorte, notre seul moyen de faire bouger les choses. Même si pour moi c'est utopique. C'est toujours mieux que de brûler des voitures. Ca sert à rien, ça ne fait qu'envoyer des jeunes en prison. Voter ça ne fait de mal à personne mais ça peut faire mal aux mecs en costume...
Tunisiano : on a toujours été dans cet optique-là. Dans l'album « Du rire au larmes », on avait déjà fait un titre dans ce genre-là, c'était « Fait divers ». Dans ce morceau-là, déjà, on incitait les gens à aller voter, que c'est la seule façon de se faire entendre, concrètement et positivement. Tu peux crier ton ras-le-bol, casser des trucs mais ça ne va rien changer. La seule chose qui peut vraiment les faire réagir par rapport à la jeunesse, c'est quand ils se rendront compte que les jeunes ont un pouvoir électoral, à ce moment là, ils en feront beaucoup plus pour les jeunes.



Yenoo.be : Plusieurs artistes et plus particulièrement les artistes rap sont ouvertement opposés à la politique de Nicolas Sarkozy notamment depuis qu'il a critiqué les jeunes de banlieue. Doc Gynéco semble être une exception puisqu'il affiche son soutien au candidat de l'UMP, comment cela est-il perçu dans le milieu du rap ?

Aketo : c'est super mal vu. Après, c'est son choix, chacun a ses orientations. Dans le milieu, c'est clair que sa prise de position a été très mal vue, c'est un peu considéré comme un acte de traîtrise (rires). En fait, au départ, Doc Gynéco faisait partie d'un groupe qui s'appelait le Ministère Amer, des mecs qui ont fait des morceaux super engagés, très critiques. C'est donc un peu vu comme un retournement de veste. Après, il a peut être changé d'opinion, tout le monde a le droit de le faire.
Blacko : ouais, je pense aussi qu'il est très mal vu. Son soutien à Sarkozy en a surpris plus d'un. Maintenant, chacun son choix, ses décisions...



Yenoo.be : Qu'est ce qui peut expliquer son choix, selon vous ?

Blacko : pourquoi il fait ça, on sait pas vraiment et moi, personnellement, je veux pas le savoir, chacun son truc...
Aketo : Doc Gynéco, je ne le connais pas personnellement, mais je l'ai toujours vu comme un mec qui voulait toujours faire le contraire de ce que les autres rappeurs font, se distinguer des autres. Il n'a jamais voulu rentrer dans le moule. Même à l'époque de son nouvel album, il disait : « classez-moi dans la variété, etc. »



Yenoo.be :Avec le titre « La France » (2) vous revenez sur la polémique suscitée par votre premier album (Du rire aux larmes 2001, ndlr). Pourquoi revenir sur ce sujet dans ce dernier album ?

Aketo : on est revenu dessus, parce qu'on nous a pas donné la parole. On est passé quatre fois au tribunal, à chaque fois on a gagné, à chaque fois ils ont fait appel. En fait, le public était mal informé, les gens pensaient que c'était une plainte qui venait directement du Ministère de l'Intérieur. Ce morceau, on l'a fait aussi pour dire la vérité, pour expliquer, que le Ministère de l'Intérieur a récupéré une information qui venait d'un groupuscule fasciste. C'est eux qui leur on fait monter l'information. Ce sont des gens qui se déclarent ouvertement non racistes mais ils rentrent dans le jeu de l'extrême-droite. Ce morceau, c'est un droit de réponse, pour expliquer vraiment comment cela s'est vraiment passé.
Blacko : c'était pour retracer le cheminement de l'affaire. On nous a traité d'antisémite, d'anti-blanc, etc. On voulait raconter l'histoire, parler du rôle du groupe d'extrême droite et tout.
Tunisiano : et puis ça nous a tellement pris du temps, de l'énergie, de l'argent qu'on s'est dit il faut qu'on en parle. Parler de ce qui s'est vraiment passé.



Yenoo.be : Plusieurs titres de l'album sont assez engagés et abordent différents thèmes actuels : les émeutes de banlieue, le sort des clandestins qui quittent leurs pays, la représentation des minorités dans les médias, la politique... C'est important pour vous de faire passer des messages dans vos chansons ?

Blacko : on chante ce qui nous touche, ce qu'on vit, ce qu'on voit, ce qu'on pense... On ne veut pas jouer le rôle de porte-parole, assumer un rôle de messager c'est dur, on est juste des jeunes. Il faut arriver à se conseiller sois-même. Nous, on passe des messages, après les gens, ils en font ce qu'ils veulent. Si cela peut les aider dans leur vie, tant mieux. Au début, c'est super personnel la musique, on se livre, on se raconte. Si les gens s'y retrouvent c'est bien.
Tunisiano : ouais et puis musicalement, on a toujours aimé faire ça. Soit faire les reporters, soit parler de nous à la première personne. Dès le départ, on veut créer notre univers et parler de tout. Quand des choses nous touchent ou nous choquent, on en parle, on a la chance de pouvoir le faire dans notre rap, on essaye d'en profiter.
Aketo : on a connu le rap comme une musique revendicatrice, c'est comme ça qu'on la conçoit. Maintenant, il n'y a pas que des textes engagés, il y a aussi des morceaux où l'on déconne, il y a des touches d'humour, des textes plus personnels...



Yenoo.be : Vous allez tous les trois débuter une carrière solo. Vers quel style allez-vous vous diriger? Allez-vous continuer à écrire des textes aussi engagés ?

Blacko : ça sera reggae !! Ca sera du reggae mais je vais continuer à parler des mêmes thèmes.C'est clair, ça sera du Sniper, le même état d'esprit, mais en reggae music.
Aketo : je pense que les solos seront justement l'occasion de se dévoiler plus. Mon album pour l'instant, ça part un peu dans tous les sens. Je vais aussi m'inspirer de la recette Sniper, c'est un ensemble de différentes humeurs : il y a des jours où on a envie de déconner, d'autres, d'aborder des thèmes plus sérieux...
Tunisiano : comme je le disais l'autre jour à Aketo, je pars sur mon solo, mais mon solo, je vais essayer de le calquer sur Sniper. Je vais garder le même fonctionnement sauf qu'on entendra Tunisiano sur tout l'album. Il y aura des textes plus engagés, des textes plus fun, etc. En gros, je vais rester dans le même délire. C'est au niveau des instrus, au niveau musical que je vais ramener mon univers. Là, je vais partir dans des délires que j'aurai pas forcément pu faire avant.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 15:55

♪ Snipa Supa Tupa Fly ♪

♪ Snipa Supa Tupa Fly ♪

# Posté le mercredi 09 mai 2007 16:01