Sortie : 22.05.2006
Skyrock.com : Sniper bonjour. Bienvenue sur Skyrock.com. Vous venez nous présenter Trait pour Trait, votre nouvel album, dans les bacs le 22 mai. Trois ans après Gravé dans la Roche, vous n'êtes plus que trois. Comment avez-vous travaillé pour ce disque ?
Blacko : Ça s'est fait comme pour les autres albums en fait. On est rentrés en studio, et puis on a attendu que le courant passe entre nous trois.
Tunisiano : Soit on bossait à l'instinct, soit on avait un thème qui était déjà construit à l'avance, avec des textes écrits. Ensuite, on cherchait l'instru adéquate.
Aketo : D'autres fois c'était l'inverse. Une instru pouvait nous inspirer et on se mettait à écrire. Après, le choix final est toujours difficile, parce qu'on est trois. Il faut qu'on tombe tous d'accord.
Trait Pour Trait
01 - S.N.I.
02 - Dans Mon Monde
03 - Trait Pour Trait
04 - Eldorado
05 - Zamalia
06 - Génération Tanguy
07 - Donne Tout
08 - La France (Itinéraire D'Une Polémique)
09 - Hommes De Loi
10 - Il Était Une Fois
11 - Radio
12 - Retour Aux Sources
13 - Elle
14 - Brûle
15 - Fallait Que Je Te Dise
Explications Des Chansons
SNI
Réalisé par La Plank
Blacko : C'est le "Coucou, nous revoilà !".
Tunisiano : On aurait pu l'appeler "Processus 2006" mais ça aurait été trop répétitif. En plus, il y a une vibe bien spéciale, ce n'est pas une suite.
Aketo : Quand tu reviens, tu as toujours envie de faire une petite mise au point. On ne va pas s'étendre là-dessu mais c'est bien de commencer par là, vite fait. Sans oublier que c'est un morceau scénique avant tout.
Tunisiano : C'est un morceau dans la continuité de Processus 2003 (1e track après l'intro de l'album Gravé dans la roche). C'est une espèce d'ego qui remet les pendules à l'heure en gros.
Aketo : Ouais, c'est pour ouvrir l'album...
Tunisiano :On dit qu'on n'a pas changé. Bon, on a un peu plus de cheveux ! (rires) Y a plus le même DJ. Mais notre état d'esprit, c'est le même...
Blacko : 10 ans déjà qu'on est là.
C'est passé vite. Mon meilleur moment sur ces 10 piges ? C'est quand on est allés chez Joey
(pour poser Exercice de style en 1999 sur le vol. 1 des compiles B.O.S.S.)
Aketo : Pareil, chez Joey. C'était les débuts...
Tunisiano : Moi, c'est le Stade de France (pour Urban Peace en 2002, ndr). C'était chant-mé. Tu vois la foule, un truc de ouf. C'était immense !
Dans Mon Monde
Réalisé par Salif
Aketo : Avec Salif, on s'est croisé en studio à Puteaux (à Planete Sun). On se connaissait déjà un peu puisqu'il avait posé sur Panam All Starz dans le 2e album.
Tunisiano : On cherchait des prods à cette période-là. Il nous a fait écouter ce son. On avait déjà écrit le morceau sur un autre instru. Mais on a préféré celui de Salif. Le thème du morceau, c'est chacun raconte son p'tit monde à sa manière. Moi, j'raconte un peu mon quotidien, Aketo aussi. Blacko, c'est un peu plus spirituel, il raconte sa façon de voir le monde.
Blacko : C'est vrai que j'vis pas dans ce monde-là. J'suis sur ma planète. Comme une p'tite boule de protection...
Tunisiano : Comme tu dis dans ton texte, t'as zappé les futilités...
Blacko : Mais, sinon, ça reste le même monde. Y a pas des p'tits hommes verts qui m'font : Salut Blacko, tu prends un spliff ?! C'est juste un monde filtré.
Trait Pour Trait
Réalisé par Blacko
Tunisiano : C'est le titre de l'album. Et c'est un peu le même thème que pour S.N.I. C'est : on est là, on remet les choses au clair. On dit qu'on est restés trait pour trait, que le succes ne nous est pas monté à la tête. On nous l'a jamais reproché. Mais, peut-être qu'il y a des gens qui le pensent...
Aketo : Quand t'es de retour, y a toujours un ou 2 morceaux pour une petite mise au point.
Tunisiano : Vu qu'on n'a rien foutu pendant 3 piges, y a pas mal de gens qui noous ont dit : "Bon, arrêtez de rester sur vos lauriers..."
Aketo : Et les lauriers, quand ça devient des orties, c'est pas confortables ! (rires)
Tunisiano : Ca brule ! Les lauriers nous ont un peu cramés ! (rires)
Avant, quand on te traitait de zoulou, t'étais un mec qu'écoutait du rap. Après, la définition a un peu changé. Les zoulous, c'est devenu un peu les squales, les mecs habillés ultralarge, bling bling...
Aketo : Moi, quand j'dis zoulous, c'est les soi-disant puristes qui croient que le rap leur appartient...
Tunisiano : Les mecs qui r'font l'rap...
Aketo : Ceux qui disent, eux, cc'est des vrais, eux, c'est pas des vrais...
Eldorado
Réalisé par Kader
Tunisiano : C'est une fiction née après avoir vu des images choquantes sur les clandestins se faisant refouler en Espagne. On s'est mis dansl a peau de deux frangins, l'un est diplômé et n'a pas de taf, l'autre a une maladie incurable. Ils décident de partir pour cet "Eldorado" qu'est l'Europe.
Aketo : On dépeint ce rêve qui se transforme en cauchemer. On ne voulait pas juste exposer des faits mais vraiment montrer comment ça peut se passer. Il dure six minutes car on a du mal faire des seize mesures. On n'a pas envie de limiter notre expression.
Tunisiano : C'est pour ça qu'on a jamais chacun le même nombre de mesures sur un morceau. Ca vient ou non selon le thème, etc.
Tunisiano : On a fait appel à Faada Freddy du groupe sénégalais Daara J parce que sa voix sent l'Afrique. Il chante avec le p'tit accent de là-bas, et ça collait nickel avec le thème. C'est une fiction. On s'est mis dans la peau de 2 ados qui vivent en Afrique et qui ont envie de partir pour l'Occident. Y en a un qui est atteint d'une malade grave, l'autre qu'est diplômé mais qui trouve pas de taff. Ils décident de prendre la route pour l'Occident. Comme la plupart des jeunes de là-bas, ils croient que c'est le rêve, qu'ils partent pour devenir riches. Mais au lieu que ce soit un rêve, c'est un cauchemar. Au cour de la traversée, le plus jeune meurt. C'est l'actualité qui nous a inspiré ce morceau. On a d'ailleurs samplé un passage des infos pour débuter le morceau...
Zamalia
Réalisé par Blacko
Blacko : C'est un morceau dancehall pour mon île, La Réunion, la petite oubliée. J'ai adopté ce style désormais, les gens l'ont compris. Je suis dans un groupe rap français, mais je n'en écoute plus. Je ne suis plus le même qu'avant, je pense différemment. En un mot, ça s'appelle Rastafari, mais pour en parler il faudrait cinq ans.
Blacko : C'est mon solo. Une chanson d'amour pour mon bled en rythme.
Là-bas, ils appelaient la Réunion, Renina, et moi j'aimais pas trop ça.
Donc j'ai trouvé ce nom de Zamalia. C'est pour représenter mon bled. La Réunion est toujours en planque dans le reggae dancehall. C'est touours 9-7-1, 9-7-2, Gwada, Madinina, Guyana...
Et la Réunion, on est touours dans le petit paquet surprise. C'est parce qu'on est loin ! Mais ça va, le mouvement reggae dancehall commence à prendre. Tu vois la croute qui vient d'arriver ici, String Color ? He bien, avant, la ragga, là-bas, c'était ça ! Ca parlait que de fessard et de truc comme ça. Après, la jeunesse qui dansait sur ça a grandi. Maintenant, ils ont capté que le reggae dancehall, c'était danser sur des trucs conscient. Y a plein de jeunes qui commencent à s'y mettre. Même au niveau des prods, ça a changé. Avant, ça ressemblait grave au reggaeton. Maintenant, y a encore ça, mais y a aussi des prods dancehall à la jamaïcaine.
Dans Trait pour trait, chacun des Sniper a posé un solo, dont celui de Blacko intitulé Zamalia. Un blaze que l'artiste, dont le daron vit à la Réunion, a lui-même trouvé pour désigner l'île de ses origines. Blacko : "La Guadeloupe, c'est Gwada. La Martinique, c'est Madinina. Et en septembre dernier, quand j'étais à la Réunion, j'étais dans un soundsystem, et y avait des chanteurs qui prenaient le micro et criaient : "Renina ! Renina !" Je me disais : ça sort d'où, ça, Renina ? Je trouvais que ça représentait pas assez le truc, et que c'était une pâle copie de Madinina. Alors que zamal, à la Réunion, c'est la beuh locale. Elle pousse nulle part ailleurs. Donc, voilà, j'étais en train de chanter, j'ai fumé une petite latte et j'ai fait : Zamalia !
Génération Tanguy
Réalisé par Street Fabolous
Tunisiano : On s'est inspiré du film pour parler de toute cette génération de grands gamins. Ces gens qui ont la trentaine, qui sont chez papa/maman, qui n'ont pas envie de s'assumer et qui croient que la vie, c'est un paquet de chocolat.
Aketo : C'est le petit truc comique de l'album. C'est important qu'il y ait cette touche car on aime bien rigoler. On l'a toujours fait.
Blacko : Il n'y a pas de morale. Elle se prendra forme dans le cerveau de ceux qui écoutent. Des gens de notre quartier sont venus en studio, et on a bien vu que ça les faisait cogiter.
Tunisiano : A la base, ce morceau, on voulait l'appeler Génération Tanguy Bridget Jones.
Mais on a trouvé ça trop long. On a résumé ça à Tanguy. En gros, on parle de tous les grands gamins qui ont 30 piges, qui sont encore chez leurs parents et qui croient que la vie c'est un paquet de chips ! Même nous, quelque part, on est concernés, puisqu'on est tous encore à la baraque !
Blacko : Y a eu des tentages d'escapades, mais c'est parti en croûte ! Pas prêt pour la vie de couple ! Y en a même, ils doivent vivre en couple chez leur parents ! Le couple Tanguy !
Parce que ça touche aussi les meufs. Y en a, tu les vois, elles sont sapées de ouf, avec des sacs Louis Vuitton tous faux. T'as l'impression que la meuf, elle se gère de ouf, et le soir elle va se coucher dans sa p'tite chambre chez la maman ! Elle a pas l'appart su'on dirait qu'elle porte sur son dos !
Tunisiano : C'est un morceau humorisitque. C'est pas genre on fait la morale. On s'est mis dans des situations, c'étais marrant...
Blacko : C'est Bachir et moi qui faisons les voix des personnages dans le morceau...
Tunisiano : Moi j'fais l'môme, et lui, il fait l'père ! On a fait un peu de théâtre, c'était marrant !
Blacko : C'est le film Tanguy qui nous a inspiré le morceau, mais aussi les cas qu'il y a autour de nous. Même si le film se passe dans un milieu geois-bour, ça parle à tout le monde. Génération MSN ! Si tu vas sur CaraMail, tu vas tomber sur un Edouard et sur Aboubacar de MOntreuil ! (rires) C'est devenu un peuple, MSN !
Tunisiano : La dernière fois, j'parle avec une meuf, c'est même pas elle me dit : "T'as un numero de téléphone ?" Elle me dit "T'as pas MSN ?!" Normal...
Aketo :Ca a des côtés pratiques aussi...
Tunisiano : Quand il s'agit d'envoyer un son, j'avoue, c'est top, quand même...
Blacko : Même quand tu galères, c'est bien ! (rires)
Aketo : Des fois, tu cherches à joindre un mec au téléphone, il répond pas, tu te connectes et tu fais : "Ah, t'es là, salaud !" (rires)
Donne Tout
Réalisé par Yvan
Tunisiano : C'est un morceau positif, un appel à aller de l'avant. Dans tout ce qu'on fait, si on ne donne pas à fond, autant ne pas le faire.
Blacko : Dans le sport, dans l'amour que tu donnes à tes parents, dans tes études. Ce morceau est pour tout le monde. Pour le p'tit youth qui met son sac-à-dos et part boxer, ou à l'entraînement de foot. On l'imagine jouer sa petite coupe du Val d'Oise et se mettre ça dans les oreilles pour se potiver.
Aketo : Beaucoup de gens se laissent aller. Plein de jeunes qui n'ont encore rien vu et se disent déjà "je suis foutu". Ils s'autocensurent.
Blacko : Un p'tit morceau motivance !
Tunisiano : En gros, ce morceau, c'est un message d'espoir. Baissez pas la tête ! Si t'éssais pas, tu seras jamais fixé. Ceux qui ont peur d'échouer n'osent rien faire...
Blacko : Y a des jeunes qui se ferment des chemins direct dans leur tête parce qu'ils disent : "Ouais, mais t'as vu, moi j'suis Re-noi, j'parle comme ça, donc c'est mort !" Non, faut y aller, dire bonjour Monsieur, ranger le wesh dans le tiroir et essayer de faire quelque chose de sa vie...
Tunisiano : C'est : donne tout, que ce soit dans ton sport, avec ta femme, tes enfants, partout...
Blacko : Dans tous ce qui est positif. C'est pas : donne tout dans le braquage d'une banque ! Si tu regardes Zizou, comment elle est sa ratraite, dis : quelle retraite il a Mesrine ! Il s'est fusiller dans la rue !
Tunisiano : Quand on voit la fascination qu'il y a dans les quartiers pour un mec comme Mesrine... J'vais pas mentir. J'l'ais eue aussi cette fascination. Tout le monde a eu sa période Scarface ou Mesrine...
Blacko : De toute façon, dans les films, c'est souvent les gangstas qui sont adulés ! Et à la fin du film, la plupart du temps, ils sont pas au soleil avec le magot ! Ils se font dessouder !
Tunisiano : En fait, y a que quand t'es môme que tu joues au policier ! (rires) Après, tu veux être le méchant !
Blacko : Ouais, au début tu veux être Batman, après tu veux être Joker ! (rires)
La France (Itinéraire D'Une Polémique)
Réalisé par Greg K, Tunisiano et Yann
Tunisiano : Je récapitule les trois dernières années du groupe : nous n'avons pas arrêté de passer devant les tribunaux, dû annuler des tournée, etc. Ca a été peu médiatisé, mais il y a eu quatre/cinq affaires. Quand il s'est agi de nous traiter de racistes et d'antisémites, c'est passés aux infos, mais une fois qu'on a été acquittés, il n'y a pas eu de relais.
Tunisiano : C'est mon solo. C'est une réponse à l'histoire qu'on a eue avec La France et Sarko. Je fais un récapitilatif parce que les gens ne savent pas forcément d'où ça vient à la base, et qu'en fait Sarko a juste repris les propos d'un groupe d'extrême droite. Jeunesses identitaire, qui nous accusait d'être racistes, antisémites, antiblancs. C'est une grosse manipulation. C'est parti de Jeunesses identitaire. C'est passé ensuite par un Syndicat UMP, Nadine Morano. C'est elle d'ailleurs qui a parlé de ça à l'Assemblée nationale. Et ensuite, c'est Sarko qui est intervenu en disant à la télé qu'il allait nous attaquer. Au départ, on a été attaqués pour racisme et antisémitisme. On a gagné. Après, du coup, ils nous ont attaqués pour incitation à l'émeute. Après, ils nous ont attaqués pour propos antiflics, mais toujours sur le même morceau. Ils ont juste changé les chefs d'inculpation à chaque fois qu'on se pointait devant les tribunaux. Et là, au mois de décembre, c'est tombé juste après les émeutes, on a été acquittés par la Cour d'appel. Mais, on attend encore 2 histoires, y en a une à Bordeaux et une à Paris. Ils vont sûrement changer encore de chefs d'inculpation. Mais toujours sur La France ! Et c'est toujours le ministre de l'intérieur qui nous attaque. Le comble, dans l'histoire, c'est qu'on est traités de racistes alors qu'à la base ça part d'un groupuscule qui est archiraciste. Ils nous ont sorti une phrase du morceau comme quoi on insitait à brûler les voitures ou à exterminer les ministres, mais, dans l'histoire, la seule personne qui a essayer de buter Chirac c'est bien Maxime Brunerie, et il faisait partie du groupuscule (Unité radicale, dissous pour devenir Jeunesses identitaire) qui a essayer de nous attaquer à la base !
C'est un truc de ouf ! Quand il s'agissait de nous descendre, on l'a entendu au JT qu'on était raciste et tout ça. Mais après, quand il s'agissait de répondre ou de dire qu'on était acquittés, y avait plus rien ! Donc c'était important de faire le point sur cette histoire...
Hommes De Loi
Réalisé par Yann et Tunisiano
Tunisiano : C'est un morceau un peu dans la même lignée que Brûle. C'est un titre militant. On s'attaque aux hommes de loi, quels qu'ils soient politiciens ou juges. Dans le morceau, Aketo revient notamment sur l'affaire d'Outreau.
Aketo : Je le dis pas clairement mais je fais allusion à ça...
Tunisiano : Par rapport aux erreurs judiciaires qu'il peut y avoir...
Aketo : Ouais, c'est aussi valable pour l'affaire d'Omar Raddad.
Tunisiano : Dans ce morceau, on dit bien aussi : "Frère, vote, sors ta carte, c'est tout." On dit bien que la seule façon de répondre à tout ça et de faire avancer les choses, c'est de voter. Parce qu'ils te donnent tellement plus de considération quand tu as une carte d'électeur. Quand tu vois qu'il y en a que pour les vieux, c'est pas pour rien ! C'est parce qu'ils savent que les jeunes ne votent pas et s'en battent les couilles !
Blacko : C'est comme l'histoire de Montfermeil, où ils veulent interdire aux jeunes de circuler plus de 3 dans le centre-ville ! C'est un parcage d'animaux ! Wesh, depuis, quand...?Alors, s'ils sont 5 potes, y en a 2, y doivent rester à la baraque ? Ils peuvent pas aller au cinéma ensemble ?
Il Était Une Fois
Réalisé par Blacko
Aketo : Chacun fait son état de sa foi sur ce morceau. Nous ne blâmons ni ne jugeons les athées, mais on pose notre point de vue de croyant.
Blacko : Il n'y a que Dieu qui puisse juger. Mais, pour nous, une bouche humaine ne peut pas dire : "C'est Dame Nature qui a fait ça". Rien que se lever le matin, respirer...
Tunisiano : C'est une espéce de rappel. On dit : on a la foi au fond de nous mais on n'est pas parfait, on a pas mal dérivé, on est souvent tenté par le malin.
Blacko : On ne pointe pas du doigt les erreurs des autres, on parle également de nous.
Quand on parle de "brebis égarées" dans le refrain, on s'inclut dans le lot.
Tunisiano : C'est un morceau personnel. Mais ça peut parler à plein de gens aussi. On parle de notre foi par rapport à Dieu. On dit clairement qu'on croit en Dieu. On dit aussi qu'on a plein de défauts, qu'on n'est pas encore parfaits, mais qu'on aimerait bien réussir à être dans la bonne lignée...
Blacko : On est attachés à plein de vices ! Quand y a un boule qui marche dans la rue, nos yeux, ils se posent dessus... J'ai déjà volé quand j'étais petit. J'ai pas été un sage toute ma vie... Normalement, quand tu es croyant, dans n'importe quelle religion, t'es censé ne pas avoir peur de la mort parce que c'est le plus beau jour de ta vie. Parce que si t'es clean, normalement tu vas là où c'est joli... Si t'as peur de mourir, c'est que tu sais que t'as pas été bon.
Aketo : Moi, je parle de la mort dans mon couplet, parce que j'ai peur de mourir dans l'état dans lequel je suis.
Blacko : Ouais, on n'est pas prêts. La valise n'est pas remplie de bonne choses. Y a peut-être des disques d'or mais ça suffit pas...
Aketo : Et puis, autour de toi, quand tu vois des gens partir, tu te dis que ça peut arriver n'importe quand, du jour au lendemain. Bon, si tu y penses tous les jours, t'as tout le temps le cafard. Mais quand t'es dans ta piaule le soir avant de dormir, c'est le genre de truc qui te passe par la tête.
Radio
Radio est un mix des morceaux qui ont marqué Aketo dans les années 90. Ce retour en arrière sert d'introduction au morceau Retour aux sources où Aketo raconte son enfance et son entrée dans le rap.
Retour Aux Sources
Réalisé par Synkronic
Aketo : C'est un clin d'oeil aux anciens. Ca ne parlera peut-être pas à tout le monde, mais ceux qui ont connu ça s'y retrouveront. C'est un peu nostalgique, j'y raconte comment j'ai découvert tout ça et les choses qui m'ont fait kiffer. Aujourd'hui... Je ne crache pas dans la soupe, on a toujours voulu que ça explose, mais ça n'a plus le même charme.
Aketo : C'est mon solo. Un morceau très nostalgique. Ca commence par un petit mix des morceaux qui m'ont marqué dans les années 90. Ce sont les 1er morceaux qui m'ont mis dedans. Je fais aussi référence à des trucs de l'époque que tout le monde va peut-être pas capter, comme dans le 2e couplet où je parle des shops hip-hop qu'il y avait sur Châtelet. A l'époque, j'allais là-bas tous les samedis pour faire la tournée. J'passais à LTD, là où ils vendaient tous les Squeuds, y avait Tikaret à Stalingrad où ils vendaient les pes-sa, y avait Ekivok aussi... Y avait aussi la Samaritaine, rayon art déco ! (rires) C'est truffé de petites références comme ça... Le hip-hop, j'ai regardé ça d'un oeil extérieur.
J'ai pas connu les soirées de l'époque mais c'est ma culture. L'information, on l'avait par les fanzines qu'il y avait à l'époque, les p'tites émissions de radio. Mais c'était pas notre milieu dans le sens où on était pas dans les osirées... Aujourd'hui, y a plus la même magie, c'est sûr.
Tu sais, quand tu viens de découvrir un truc, c'est magique, après, avec le temps... A l'époque où il se passait rien au niveau du rap, quand y avait pas de radio rap ou de magazines, on souhaitais que ça explose. Après, quand ça a explosé, tu l'as voulu mais t'as l'impression que ça t'appartient plus. En même temps, comme je le dis dans le morceau, je crache pas dans la soupe. On est quand même content que ça ait explosé ! Faut pas rester bloqué sur la nostalgie, faut avancer ! (rires)
Elle
Réalisé par Blacko
Blacko : Ca s'adresse à celle qui va porter mon enfant.
Aketo : C'est un rêve d'homme, trouver sa moitié...
Blacko : Sourtout pour moi qui suis un enfant du divorse.
Tunisiano : Moi aussi, j'suis un enfant du divorse, et j'aimerais bien trouver une personne avec qui faire ma vie.
Aketo : En fait, ce qu'on raconte dans ce titre, c'est notre idéal.
Blacko : Cette envie, ça vient avec l'âge. Regarde le 1er album, on chantait La Rumba, on arrive et on va te planter dans tous les sens ! (rires) On était des jeunes lions ! On avait envie de toucher le bois, de gratter contre l'écorce ! Et avec le temps, on se rend compte que c'est ce qu'il y a derrière l'écorce qui est plus intéressant. Et tu cherches... Meetic ? J'avoue, y a une période où j'ai été celibataire et où j'ai tenté une meetification !
Aketo : Ouais, mais pour trouver sa meuf, y a pas de formule ! C'est le destin...
Brûle
Réalisé par Yvan
Tunisiano : On a fait ce morceau il y a deux ans, pour une mixtape. Comme le refrain rappelle les récents évènements en banlieue et qu'il nous tenait à coeur, on a modifié quelques paroles et l'avons inséré à l'album.
Aketo : C'est un morceau virulent, mais ce n'est pas gratuit.
Tunisiano : Par exemple, on rappelle que la solution est d'aller voter. Si demain les politiques se rendent compte que la plupart des jeunes ont leur carte électorale, ils se bougeront dans leurs programmes et sur le terrain. Voter reste la meilleure façon de les incendier.
Blacko : Pour la petite histoire, Joey Starr qui pose, c'était un tripe. On a enregistré ce titre dans le même studio que pour "B.O.S.S" en 1998. A l'époque, Joey s'est levé et a dit :
"Ouais ! Je vais ambiancer votre morceau". On était comme des petits fous. Alors là, c'était le kif de lui demander de venir ambiancer.
Blacko : C'est la remise à jour d'un morceau...
Aketo : ... Qui était prémonitoire apparemment !
Blacko : Ouais, y a eu les événements de Clichy. Et par rapport à ça, on a remis à jour le truc.
Aketo : On a un peu retouché les paroles. Moi, j'ai écrit un nouveau couplet. Y a Joey Starr qui participe...
Blacko : Il est venu ambiancer.
Tunisiano : Y a un monde entre ce qui s'passe sur Paris et ce qui s'passe en banlieue.
Y a les soirées ghetto et les soirées Guetta parce que la plupart des mecs qui se font recaler des soirées parisiennes sont limités aux soirées ghetto. Les osirées Guetta, c'est plutot jet-set. Les mecs du ghetto aimerait bien aller dans ces soirées, mais ils se font recaler.
Fallait Que Je Te Dise
Réalisé par Blacko
Blacko : C'est l'expression de nos sentiments pour nos parents. Toutes ces choses qui tournent en rond dans notre cerveau depuis longtemps et qu'on n'arrive pas à leur dire.
Tunisiano : Ce morceau, c'est une maniére de rendre hommage à nos familles et les gens qui nous sont chers. La fierté - ou la pudeur - font qu'il n'est pas facile de trouver les mots pour leur dire simplement "merci".
Aketo : Même si c'est un morceau très personnel, on sait qu'il peut toucher n'importe qui, tout le monde peut s'y reconnaître.
Blacko : A la fin, on a fait poser des enfants, qui disent "je t'aime" à leur maman, pour faire comprendre à celui qui écoute qu'il faut le dire aussi simplement qu'eux et non attendre que les personnes ne soient plus là.
Tunisiano : C'est un morceau personnel come Il était une fois. Y a plein de gens qui n'arrivent pas à dire "je vous aime" à leurs parents, tout simplement, à leurs frangins.
On est souvent freinés. Je sais pas si c'est une question de fierté, de pudeur ou d'autre chose, mais la plupart des gens autour de moi, ils se serrent pas dans les bras facilement ou ils se disent pas je t'aime à longueur de journée avec leurs frangins ou avec leurs parents. Et là, on a voulu faire un morceau où on parle de ça, où on rend hommage à notre famille, où on met cetaines choses au clair avec eux, des choses que t'arrives pas à dire forcément en face à face. Et quand t'en ais un morceau, tu te lâches. Franchement, c'est plus facile à rapper... D'où un passage sur ma mére où j'rappe en rebeu parce qu'elle parle pas le français. Je lui dis en gros : "Maman, tu m'as nourri, je te donne mon corps, mon coeur, mon sang, tout le temps.
Que Dieu te protége. Toi, tu t'es sacrifiée pour nous, regarde comme on est devenu, comment on a grandi, on t'aime..."